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Marti-Valbonne histoire d’une migration
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Il y a une bonne centaine d’années, la misère s’établissait sur une partie d’un petit village toscan, juché sur un éperon bordé de vignes, d’oliviers et de cyprès. Les brebis et les chèvres y paissaient pourtant tranquillement. Toute la région était concernée. La partie basse de ce bourg était principalement peuplée par les ouailles de la grande église où se retrouvaient les grandes familles de l’époque et de leurs travailleurs. La partie haute du bourg, Borgo d’Arena, et sa grande rue abritait la « population laborieuse », laborieuse quand on lui donnait du travail. Don Camillo et Peppone ! Mais des délateurs n’hésitaient pas à dénoncer les « rouges » auprès des contremaîtres des propriétaires terriens. Cette misère ne pouvait durer. Les plus téméraires se résolurent à l’exil. Un petit village de Provence orientale les accueillit. Le travail n‘y manquait pas à l’époque des vendanges ou dans les forêts pour les fagotiers et les charbonniers, domaines dans lesquels nos toscans excellaient. A croire que l’accueil fut bon ou que le travail rémunérateur, un rapide retour au pays pour faire le point, revoir la famille et ce furent 2, 3, 4 familles qui se décident à tenter l’aventure.

Les années passent. Après la Grande Guerre de 15-18 (nous sommes en Italie !) le fascisme prend de l’ampleur et ses milices pourchassent les « rouges » jusque dans les petits villages, jusque dans le Borgo d’Arena. D’autres familles prennent la décision de fuir. Ce seront 8, 12, 18, jusqu’à 20 familles de cette Grande rue du haut du bourg, si éloignée de l’église, qui suivront les conseils des éclaireurs du début du siècle et qui viendront s’installer en Provence. L’insertion n’a pas été facile pour ces « ritals » dont certains n’ont été naturalisés que dans les années 50.  

D’autres années ont passé. Les générations se sont succédées les unes aux autres et après les premières unions entre « pays », les italiens se sont fondus dans la population locale avec bonheur. Pourtant le souvenir du petit village toscan reste présent bien que discret. Il n’a pas fallu grand-chose pour que cette braise dormante se réveille et suscite une vraie flambée auprès des descendants de ces immigrants : un désir de jumelage entre les deux villages formulé par une des familles franco-italiennes du village provençal.

Vous l’aurez compris, certainement ; le village toscan se nomme Marti ; le provençal, Valbonne. Afin de mieux présenter cette histoire de migration(s), un mini-site dédié à la passerelle culturelle jetée entre Toscane et Provence a été créé Marti-valbonne.com/lesite/

@ 2011 Ville de VALBONNE SOPHIA ANTIPOLIS • 
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